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La Trilogie new-yorkaise, Paul Auster

« Il me semble maintenant que Fanshawe a toujours été là. C’est lui le lieu où tout commence pour moi, et sans lui c’est à peine si je saurais qui je suis. » (La Chambre dérobée, première page)

« C’est un faux numéro qui a tout déclenché, le téléphone sonnant trois fois au cœur de la nuit et la voix à l’autre bout demandant quelqu’un qu’il n’était pas. » (Cité de verre, première page)

« Bleu se rend à son bureau chaque jour et se tient à sa table de travail en attendant qu’il se passe quelque chose. Pendant longtemps, rien n’arrive, puis un homme du nom de Blanc franchit la porte, et c’est ainsi que ça débute. » (Revenants, première page)

Relu la Trilogie new-yorkaise de Paul Auster, après douze ans (déjà? Seigneur…). Lecture orientée: je m’intéressais aux aspects géographiques, spatiaux des trois romans, à la façon dont Auster pouvait égarer ses personnages.

Mais en fait d’égarement, il s’agit davantage de psychologie ici, je crois. Auster s’intéresse à ce qui arrive lorsque quelqu’un se focalise sur une autre personne jusqu’à en perdre sa propre identité. Ainsi les détectives des deux premières histoires deviennent dangereusement proches de leurs cibles, et l’écrivain raté de la troisième finit par vouloir prendre la place d’un disparu plus chanceux.

En un sens, Auster se met à l’inverse du Walden de Thoreau (d’ailleurs abondamment mentionné à travers le livre, et sans doute pas innocemment): là où se dernier retrouve son identité en s’isolant du monde, les héros de la Trilogie perdent la leur du fait d’une excessive promiscuité.

Intéressant — et pas qu’un peu dérangeant.

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